Nouvelle adresse pour le blog!

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Par continent!

J’ai reçu plein de suggestions pour les prochaines lectures et je ne savais plus par où commencer. Donc, j’ai décidé de procéder par continent.

Comme j’ai déjà lu trois livres de trois continents différents (Europe, Amérique du nord et Asie), je commence par l’un d’eux! L’Amérique.

Comme j’ai déjà lu Bellow qui est américain (même s’il est né à Montréal), je me dirige vers le voisin  nordique des États-Unis: le Canada.

Et comme il se doit, je vais lire un livre du Canada francophone et un livre du Canada anglophone. Je commence par Le Tueur Aveugle de Margaret Atwood. Ce livre compte 654 pages dans l’édition que j’ai entre les mains. Je vais essayer de finir vite.

Donc, si quelqu’un me lit (anybody out there?!) et a des suggestions pour les amériques, c’est à vous!

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Ma première Manga!

Voilà, c’est fait. Aucune déception. Tout au contraire, j’ai découvert un nouveau genre avec grand plaisir. D’ailleurs, depuis longtemps, je suis fan des animés japonais.

Comme je l’ai appris, il y a plusieurs genres de manga. Celle que j’ai lue tombe, selon Wikipédia, dans le genre seinen, c’est-à-dire pour jeune homme. Cependant, je ne vois pas pourquoi ça serait destiné aux jeunes hommes. L’histoire est celle d’un homme de 48 ans qui se retrouve par hasard dans sa ville natale, ressent un malaise et se réveille dans la peau d’un adolescent de 14 ans: l’année de la disparition de son père. Il revit cette année en essayant de comprendre pourquoi son père a abandonné leur famille heureuse: sa mère, sa grand-mère, sa petite soeur et lui. Je vous laisse le plaisir de découvrir le reste.

L’histoire commence en 1998. Le voyage dans le temps se fait donc jusqu’en 1964. On a aussi droit à un flashback jusqu’au Japon de la seconde guerre mondiale et de l’après guerre (grâce à un récit de la grand-mère). Hiroshi, le personnage principale, revit ses 14 ans dans la peau d’un adolescent mais avec le jugement d’un adulte. Il essaye de dire à son entourage qu’il n’est pas un véritable adolescent mais personne ne veut rien entendre. Pourra-t-il changer le futur en maniant le passé? Pourra-t-il empêcher son père de les abandonner?

Assez curieusement, cette bande dessinée me rappelle un livre de psychologie que j’ai lu il y a quelques mois: Votre corps a une mémoire de Myriam Brousse . Le sujet était complètement nouveau pour moi: la mémoire du corps. La thèse est la suivante: le corps enregistre tout, garde tout en mémoire. Il a une mémoire de sa pré-conception, une mémoire de la phrase intra-utérine, une mémoire généalogique etc… Un excellent livre pour découvrir tout un nouveau monde! Dans un autre livre, j’avais lu que les découvertes de la science moderne ont révélé que l’intelligence ne réside pas seulement dans le cerveau mais que toute cellule du corps a son intelligence propre, ce qui a rendu les idées de Myriam Brousse encore plus crédible.

Bref, je reviens à la bande dessinée!

La retombée dans le passé de Hiroshi ressemblait étrangement à un corps qui a gardé précieusement la mémoire du passé sans en être conscient, sans l’avoir proprement vécu (l’épisode de la guerre mondiale). Hiroshi a pu découvrir des choses sur le passé dont il n’était pas conscient dans sa vie présente. Son envie de partir et de quitter sa propre famille ressemblait étrangement à celle de son père. Son voyage dans le temps n’est-il autre que ce Myriam Brousse appelle la “descente dans le corps”? J’en sais rien.

Il reste que j’ai beaucoup aimé l’histoire et le dessin. Je conseille par contre la version intégrale vs. la version première en deux tomes: les dessins y sont bien meilleurs (voir: QUARTIER LOINTAIN : L’INTÉGRALE).

En passant, Quartier lointain vient d’être adapté au cinéma (voir: Quartier Lointain, le film).

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Quartier loitain et next read!

Comme Emualluig l’a suggéré, je lis présentement un manga. Ou devrais-je dire une manga ;-) Selon, Wikipédia, ça devrait être au féminin!

Bref, je lis Quartier Lointain de Jirō Taniguchi. Je reviendrai là-dessus plus tard.

What is next?

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Ravelstein

Quelqu’un a-t-il déjà lu Saul Bellow? Je ne sais pas ce que vous en pensez.  Moi, je suis rarement capable de séparer l’auteur de ses livres: dans le sens où, si l’auteur a des prises de position inadmissibles, je suis incapable d’apprécier sa littérature. Voici pourquoi je n’ai jamais été capable de lire Céline (peut-être le ferai-je pour ce projet… on verra, Le personnage de Ravelstein critique Céline dans le livre).

Je ne connaissais pas du tout Saul Bellow et je l’ai découvert avec le dernier roman qu’il a écrit: Ravelstein. J’ai choisi ce livre par hasard. Je ne savais pas quel livre lire et un ami m’a dit: voilà, tiens! Lis-ça! La description sur la quatrième de couverture est tentante: “Le dernier roman de Saul Bellow est un voyage, tantôt sombre, tantôt férocement drôle, à travers l’amour et la mémoire; c’est un hymne à l’amitié et à la vie”.

J’ai trouvé le roman plutôt sombre. Et s’il y avait de l’humour, ce n’est pas ce que j’appellerai “férocement drôle”. Je pourrai l’appeler une non-histoire aussi: un portrait d’Abe Ravelstein, un professeur brillant de l’université de Chicago qui a fait fortune grâce à sa vulgarisation de la philosophie politique. Ravelstein suggère au narrateur d’écrire un livre sur lui et c’est là le fil conducteur de la description.

Il y a certes beaucoup de répétitions et beaucoup de références extérieures au texte mais mis à part, les cinquante dernières pages, on ne s’ennuie pas. J’ai préféré le personnage de Chick (le narrateur et ami de Ravelstein) à Ravelstein: ce dernier m’a paru comme un gros riche, prétentieux, élitiste, avec des goûts de luxe….

Plusieurs discussions entre Chick et Ravelstein sont intéressantes. Sur le système universitaire américain: “[...] si on pouvait acquérir une excellente formation technique aux USA, la formation générale s’était réduite au point de disparaître. Nous étions les esclaves de la technologie qui a métamorphosé le monde moderne. [...] Aucune véritable éducation n’était possible dans les universités américaines, sinon pour les ingénieurs en aéronautique, les informaticiens et autres. [...] les arts libéraux (dans les universités américaines) étaient un échec”

Sur la nature: “Il (Ravelstein) disait, répétant l’opinion de Socrate dans le Phèdre, qu’un arbre, si beau à voir, ne prononçait jamais une parole, et que la conversation n’était possible que dans  la société, entre les hommes.”

Sur les scientifiques (Vela, la première femme de Chick, était physicienne très reconnue): “[...] Vela possédait un cerveau de tout premier plan. Sa composante scientifique méritait un respect particulier. Ravelstein soutenait cependant qu’on rencontrait peu de grandes personnalités parmi les scientifiques. De grands philosophes, peintres, hommes d’État, juristes, oui. Mais les hommes ou les femmes de sciences à l’âme supérieures étaient extrêmement rares. “C’est leur science qui est supérieure, pas la personne.”.”

Il est beaucoup question de l’histoire juif dans le livre et donc, je ne m’attendais pas à lire ce que j’ai lu à propos de Bellow sur Wikipédia après avoir terminé le livre. Je cite Wikipédia:

“In an interview in the March 7, 1988 New Yorker, Bellow sparked a controversy when he asked, concerning multiculturalism, “Who is the Tolstoy of the Zulus? The Proust of the Papuans? I’d be glad to read him.” The taunt was seen by some as a slight against non-Western literature. Bellow at first claimed to have been misquoted. Later, writing in his defense in the New York Times, he said, “The scandal is entirely journalistic in origin… Always foolishly trying to explain and edify all comers, I was speaking of the distinction between literate and preliterate societies. For I was once an anthropology student, you see.”

Je laisse cette citation de l’encyclopédie libre sans commentaire. J’ajoute cependant que j’ai hâte d’arriver au continent africain. Again, any suggestions? ;-)

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Next read and next next read

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Comme je n’ai pas encore de feedback sur le blog et donc pas de suggestion pour mes lectures, je vais choisir le prochain roman. Après l’Angleterre, ça sera le tour des États-Unis avec le dernier roman de Saul Bellow: Ravelstein.

Et j’annonce que le pays qui suivra sera ( – Euh, je dois choisir maintenant? -Ok, choix aléatoire!): le Japon. Any suggestions?

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Mrs. Dalloway ou les montées au paradis

“Aucun plaisir ne peut égaler, pensa-t-elle, en redressant les chaises, en repoussant un livre sur le rayon, le plaisir d’en avoir fini avec les triomphes de la jeunesse, de s’être perdu dans le train de la vie pour trouver, avec un sursaut de joie, quand le soleil se lève, quand le jour tombe, la vie.”

Je n’arrive pas à écrire un seul mot après cette citation. J’ai tapé et effacé une vingtaine de fois. J’en tire une première leçon. Pour que ce projet de lecture soit un succès, il faut écrire à propos d’un roman pendant la lecture et non après.

Ici, je n’ai aucune prétention. Je laisse la critique et l’analyse approfondie pour les experts. Pour moi, en tant que lecteur ordinaire, ce sont les impressions qui comptent. Et les impressions, il faut les saisir au moment même. Surtout quand il s’agit d’un roman comme celui-ci où il n’y a pas une “histoire” au sens propre du terme: on accompagne les personnages le long d’une seule journée et à travers leurs pensées, leurs observations, leurs émotions et leur rencontre nous est dévoilée leur vie.  Tout cela, avec, en arrière-fond, la ville de Londres d’après guerre, vibrante de vie.

Nous sommes tous témoins de choses extraordinaires. Un ami d’un ami prétend que nous vivons tous ces moments au quotidien et il aime les appeler “les montées au paradis”. Nous avions maintes fois joué -surtout les jours où ça n’allaient pas- au jeu fouiller-dans-sa-journée-à-la-recherche-de-ces-moments (ce jeu est bien meilleur en groupe!). Ces “montées” ne sont pas nécessairement des moments de joie. Elles peuvent varier: rire, faire rire quelqu’un, aider quelqu’un, être témoin de solidarité entre les gens, observer un couple donner à manger aux oiseaux, apprendre une nouvelle chose, manger une bonne glace ;-) etc….

Quel rapport avec ce roman, diriez-vous? Eh bien c’est justement l’impression majeure qu’il m’a laissée: Virginia Woolf a cette acuité du regard et cette grande sensibilité qui lui a permis de saisir plein de ces montées au paradis, de ces petits détails qui font la vie.

À un moment donné dans le roman (dommage que je ne l’ai pas noté, c’est sûrement mieux dit dans les mots de Woolf), Mrs. Dalloway constate avec regret et tristesse que personne ne saura combien elle a aimé les choses de la vie…. Mrs Dalloway se désole de ne pas pouvoir partager son amour intense à ces moments qui passent. Et pourtant….

Pour terminer, voici une autre citation qui déborde de poésie. Richard Dalloway et Hugh Whitbread sortent de chez Lady Bruton.
“Ils s’éloignaient – et à mesure qu’ils s’éloignaient, ce fil très mince (ils avaient déjeuné avec elle) qui les liaient à elle, s’étirait, s’étirait, s’amincissait de plus en plus tandis qu’ils marchaient sur Londres; comme si vos amis, après avoir déjeuné avec vous, étaient liés à votre corps par un fil mince [...] qui s’enbrume sous les coups des cloches, sonnant l’heure [...]“

PS: j’ai trouvé le personnage de Lady Bruton  très instructif, la grande dame qui publiait des annonces dans le Times pour inciter les anglais à émigrer au Canada. Elle avait “le projet de faire émigrer des deux sexes, de bonne famille, et de les établir, avec des chances de succès, au Canada.”! ;-)

PPS: la copie que je me suis procurée de ce livre est vieille, presque en décomposition. Les pages se déchirent et s’éfrittent entre vos mains. Cela me fait quelque chose d’être l’une des dernières personnes qui lira cette copie-là en particulier!

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